C’est l’homme de spectacle Pascal Bernardin, qui a déjà à son actif l’organisation de concerts de Bob Marley, les tournées de groupes comme U2, téléphone, The Police… qui a tenté de trouver un lieu pour cette exposition. Après avoir essuyé quelques échecs à Paris, il s’est tourné vers la ville française de la médecine, Lyon. Et c’est naturellement à la Sucrière qu’il l’y a installée. « La Sucrière dégage une telle majesté que je me suis dit que c’était là qu’il fallait qu’elle soit », dit-il. L’exposition est un « voyage au cœur du corps », explique-t-il, et ce n’est pas peu dire.
L’exposition est organisée en six pôles, comme les six principaux systèmes d’organes : le système musculo-squelettique, le cerveau et le système nerveux, le système digestif, le système uro-génital, le système respiratoire et le système cardio-vasculaire. Pour les découvrir, on est tour à tour explorateur, médecin légiste, voyeur et visiteur. C’est bien là toute l’ambiguïté de cette exposition. Oscillant entre art et science, elle nous montre le corps humain sans détour ni artifice. Le regard du scientifique, précis et pointilleux, se retrouve dans chaque veine dégagée, dans chaque centimètre de peau enlevé. Celui de l’artiste est présent dans la scénographie ainsi que dans la lumière sombre qui met mal à l’aise le visiteur évoluant entre les corps, et qui pointe les détails à ne pas manquer, comme si chaque corps était star de la scène.
Le but avancé est avant tout pédagogique : « Our Body/A Corps ouvert » veut permettre au commun des mortels de mieux se connaître…
Impression en demi-teinte
L’impression qu’on retire dans cette plongée dans le corps humain est plutôt difficile à décrire. Si l’on s’acclimate à la présence de ces corps entiers trônant au milieu des salles, l’exposition suscite bien des questions autres qu’anatomiques, sur la provenance des corps par exemple. Les organes isolés mis en vitrine dérangent. Tantôt ils ont l’air presque faux tant ils sont bien découpés, tantôt ils évoquent des images peu alléchantes. Quant à la dernière salle, le corps humain découpé en tranches horizontales de 1 cm chacune ne laisse pas indifférent. Que l’on aime ou non, on ne sort pas indemne de l’exposition. Mais lorsqu’on retrouve la lumière du jour, non seulement la proximité avec ces momies modernes laisse des images indélébiles dans la tête, mais on a aussi l’impression de sentir chaque parcelle de son corps. Impression inattendue, souvenir marquant : l’exposition interpelle, et c’est sans doute le but recherché. Ames sensibles s’abstenir toutefois. " :
Lyongratuit.com
La contreverse vient du fait que l'on ne connaisse pas vraîment l'origine des corps exposés encore moins si les personnes ainsi exposées étaient consentantes. Cela me rappelle un peu l'histoire de la "Vénus Hottentote" .
" «Prêtés» par une fondation d’anatomie de Hongkong (1), ces cadavres proviennent de Chine. Selon le professeur Enhua Yu, président de cette fondation, il s’agit de personnes qui auraient
«légué leur corps à la science». Impossible cependant d’en savoir davantage. Ces hommes savaient-ils qu’ils seraient plastifiés, découpés, écorchés et exposés partout dans monde ? Depuis combien de temps sont-ils morts ? Dans quelles conditions ?
«Les corps ont été fournis par des facultés de médecine et différents laboratoires scientifiques chinois. Ils ont été donnés à la science en conformité avec la législation chinoise», se borne à répondre le professeur Yu, réfutant la possibilité que des corps de prisonniers aient pu être utilisés à ces fins (une loi chinoise de 1984 autorise les familles des condamnés à mort à décider de laisser les corps à la science). «Je n’ai observé sur ces corps aucune trace de torture», ajoute en offre de preuve son confrère, le docteur Walter I. Hofman, consultant scientifique de l’exposition et médecin légiste.
La question lui a souvent été posée. La polémique précède largement l’arrivée en France de cette exposition qui a tourné partout dans le monde et a été vue par 30 millions de visiteurs. Dans certaines villes, des pétitions ont circulé contre l’événement. " : Libé Lyon
A Lyon, l'exposition visible depuis mercredi dernier aurait déjà attiré 5500 visiteurs mais elle est aussi à l'origine d'une pétition signée par 6 universitaires lyonnais qui en demandent la fermeture " jusqu'à ce que les garanties élémentaires soient contrôlées et publiées ".
Exposition pédagigique ou voyeurisme ?
A chacun de réagir selon sa conscience .