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La révolte des affamés

Des « émeutes de la faim » ont secoué ces derniers jours l’Egypte, le Maroc, l’Indonésie, les Philippines, Haïti, ainsi que plusieurs pays africains : Nigeria, Cameroun, Côte d’Ivoire, Mozambique, Mauritanie, Sénégal, Burkina Faso...

Notre terre risque de se trouver confrontée à l'une des plus grosses crises alimentaires de son histoire. Les peuples affamés se révoltent un peu partout dans le monde. Commen en sommes-nous arrivés là ?


J'ai trouvé un article qui explique assez bien cette situation.



" Les tartuffes de la faim


Les émeutes de la faim ayant fait irruption dans les journaux télévisés, l’heure est à la mobilisation. De Paris à Washington, chacun y va de son idée pour venir en aide aux populations des pays pauvres incapables de faire face à l’augmentation des prix des denrées alimentaires de base, notamment le riz. On ne peut que saluer cet élan de générosité. Ne pas réagir serait criminel et donnerait de l’Occident une image bien peu reluisante.

Pourtant, comment ne pas se sentir mal à l’aise face à ces élans du coeur ? Car les plus généreux aujourd’hui sont peut-être les plus responsables de ce dérèglement planétaire. Les nouvelles habitudes alimentaires des pays émergents, largement importées des pays développés, expliquent en grande partie l’explosion de la demande, et donc les tensions sur les prix.

Ce n’est pas la seule raison. La concurrence des biocarburants en est une autre, essentielle. Or les Etats-Unis, si généreux avec le Programme alimentaire mondial, ont confirmé leur volonté de doubler les surfaces déjà très importantes qu’ils consacrent aux biocarburants. Face à l’automobiliste américain, le paysan haïtien ne fait pas le poids. Même chose pour l’Europe. Non seulement elle veut développer les biocarburants, mais, dans les négociations internationales, elle maintient une politique protectionniste qui déstabilise depuis longtemps les agricultures du tiers-monde et freine la réduction de la pauvreté.

Quant à la responsabilité de la Banque mondiale et au Fonds monétaire international, elle est également considérable. Pendant des décennies, ces institutions ont expliqué aux pays émergents que l’agriculture avait son avenir derrière elle. Les pays émergents ont ainsi favorisé les cultures d’exportation, destinées à leur rapporter des devises ; ils récoltent aujourd’hui les fruits amers de cette politique. Ainsi le Sénégal exporte des produits alimentaires – que l’Europe taxe quand il a l’audace de vouloir les transformer sur place –, mais doit importer environ 80 % du riz qu’il consomme. Or, non seulement le riz devient rare, mais les spéculateurs en font parfois grimper les prix de 30 % en une journée. La générosité soudaine de l’Occident ne saurait faire oublier la part de responsabilité qui est la sienne dans la crise majeure qui menace aujourd’hui."




© Le Monde 2008 (Editorial paru le 17 avril)



Quelles sont les actions proposées ?

Le  Programme alimentaire mondial (PAM) a demandé à la communauté internationale près de 500 millions de dollars (315 millions d’euros), minimum, pour faire face à l’inflation des prix agricoles. Ce lundi, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a prévenu à son tour que la crise alimentaire avait atteint un "seuil d’urgence". 

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L'avertissement de la Banque mondiale

Ce dimanche, Robert Zoellick, président de la Banque mondiale, est également entré en action: il a averti que la crise pourrait avoir pour conséquence "sept années perdues" dans l'éradication de la faim dans le monde.

Selon les données de la Banque mondiale, 100 millions de personnes sont concernées, et 33 Etats sont menacés de troubles politiques et de désordres sociaux. Robert Zoellick estime que les prix du blé ont augmenté de 181% en trois ans, les produits alimentaires ayant augmenté de 83% sur la même période.


Premières promesses

L’Union européenne a rappelé ce lundi qu’elle avait déjà débloqué 160 millions d’euros pour le PAM, soit plus de la moitié de la somme réclamée par le programme soutenu par l’ONU.

L’administration Bush a aussi répondu présente à l’appel à contributions des organisations internationales: le président George W. Bush a ordonné ce lundi le déblocage d’environ 200 millions de dollars.

Le Président Nicolas Sarkozy a annoncé, ce matin, que la France doublerait son budget pour l’aide alimentaire cette année.

L’association des ligues de football, c’est-à-dire 900 clubs de foot européens, aideront le fond pour l’alimentation et l’agriculture à sensibiliser les populations à la lutte contre la faim. Elle a signé, mercredi, un accord de coopération avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. 

 

Comment pouvons-nous accepter qu'une partie de la population gaspille pendant que l'autre meurt de faim ?  Que le profit soit la seule priorité des pays riches ?

L'homme sera-t-il assez sage pour trouver les bonnes solutions et préserver la paix ?

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D
Il faut en effet vite réagir, il est urgent que le monde des nantis prennent ses responsabilités et s'engage dans une vraie politique de lutte contre la faim.
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