Dimanche 21 décembre 2008
Il était une fois un petit doigt que sa maîtresse appelait tendrement "mon petit quinquin". Un jour de grand vent alors que la dite maîtresse fermait ses volets, une forte rafale, rabattit le volet
et coinça "petit quinquin" si fort que son petit bout joufflu en fut tout écrasé.
Petit quinqin avait très mal, il saignait beaucoup, il n'osait se regarder dans une glace, il était tout déformé.
Sa maîtresse le conduisit vite aux urgences. Petit quinquin n'en menait pas large. On l'emmena à la radiographie. Il n'était pas cassé, il se sentit un peu rassuré. Un traumatologue
orthopédique se pencha sur lui, l'examina, lui parla gentiment. Finalement, le médecin annonça à sa maîresse qu'il ne pouvait rien faire car c'était le soir, qu'il fallait revenir le lendemain
pour une opération. Petit Quinquin se retrouva enveloppé dans un gros pansement. Curieusement, il n'avait presque plus mal. Il reprit espoir, il avait l'air sympa ce docteur, il allait bien
s'occuper de lui demain.
Le lendemain, sa maîtresse et lui était à la clinique. On endormit le bras. Petit quinquin, se sentait bien, tranquille et confiant. Une douce torpeur l'envahit. Quand il se réveilla, il ne
souffrait pas trop, il était bien au chaud dans un joli pansement blanc. Sa maîtresse rentra chez elle où ils purent se reposer.
Les jours suivants, une gentille infirmière vint régulièrement lui changer son pansement. Il avait un peu honte de se montrer car il était tout noir et pas très vaillant. L'infirmière très
aimable, essayait de le rassurer, il fallait laisser le temps aux petits vaisseaux de se reconnecter pour que le sang puisse à nouveau irriguer tout son corps de "petit quinquin". Malheureusement,
un matin, elle le trouva anormalement déprimé, il pleurait. Il fut donc décidé de retourner à la clinique consulter le chirurgien qui l'avait recousu.
"Petit quinquin" avait très peur, qu'allait-il advenir de lui ?
Le chirurgien le démaillota très doucement, l'examina comme la première fois. Ses sourcils se froncèrent. La maîtresse de "petit quinquin" n'a plus 20 ans ( mais 84) et les vaisseaux ne s'étaient
pas reconnectés, le sang ne circulait pas et le bout de "petit quinquin" s'était nécrosé. Il fallait prendre une décision soit refaire une sorte de greffe avec le risque que le même problème se
répète soit couper le bout de "petit quinquin".
Sans hésier, sa maîtrese choisit la deuxième solution pour sauver "petit quinquin" définitivement.
"Petit quinquin" comprit ce choix, c'était pour son bien et après tout, il vaut mieux être petit et en bonne santé plutôt que grand et malade.
Demain donc, "Petit quinquin" et sa maîtresse s'en retourneront à la clinique pour la journée.
Grâce au chirurgien, il pourra passer Noël bien tranquille avec un joli pansement tout blanc. Sa maîtresse lui mettra peut-être une petite guirlande à moins qu'elle ne le déguise en père Noël pour
amuser les enfants.
Un certitude, il sera le roi de la fête. Toute la famille sera aux petits soins pour lui et il sera entouré de beaucoup d'amour.
Ceux qui me connaissent auront compris qu'il s'agit du doigt de ma maman.
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