Mardi 26 février 2008
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17:15
L'adoption doit être un acte d'amour.
L'adoption doit être un acte gratuit.
Les parents n'adoptent pas un enfant, ils doivent se faire
adopter par l'enfant.
Ce sont les parents qui choisissent l'adoption rarement les enfants.
Les parents n'adoptent pas pour recevoir un jour des remerciements de la part de leurs enfants.
Les parents doivent la vérité à leurs enfants.
Par Amanéda
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Vendredi 22 février 2008
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14:22
L'enfance de notre fils aîné avait été très perturbée ( La naissance de ma tribu ). La vie ne l'a pas épargné, il en est toujours affecté. Sa scolarité fut très
compliquée. Son parcours de vie bien sinueux.
Encore à l'armée, il rencontra une jeune fille. Elle était belle, il était beau, ils étaient jeunes, ils se sont aimés et notre premier petit-fils est né. La vie, trop vite, les
a séparés. Notre fils a disparu, on l'a cherché, on l'a retrouvé, un deuxième petit-fils était né. Les mois se sont écoulés puis les années, une petite fille est arrivée. La vie s'est à
nouveau acharnée. Notre fils s'est engagé sur les chemins détournés. Il a réparé, il a payé son dû à la société. Il est reparti, il y eut un autre petit. Il a bourlingué, déraciné, une petite fille
est née. Et puis miracle, il s'est posé. Il s'est marié, une autre petite fille s'est annoncée. Le papa est noir, les mamans panachées, notre tribu a tous les dégradés du plus pâle au plus
bronzé.
Par Amanéda
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Jeudi 21 février 2008
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14:48
Pour l'adoption de notre 1er enfant, nous avions dû remplir un dossier avec visite chez le médecin, consultation d'un psychiatre, enquête sociale, entretien avec
les services de l'Aide Sociale à l'Enfance. Tout en faisant ces démarches nous avions demandé d'adopter un 2ème enfant, de préférence une petite fille, de couleur, son origine nous importait peu.
On pensait qu'ainsi les liens entre les deux enfants en seraient renforcés, l'ainé étant lui-même de couleur. Quand la première adoption fut acceptée, on nous fit comprendre que puisque nous
avions bien voulu un grand garçon noir, nous ne devrions pas attendre trop longtemps pour le 2ème enfant . C'était en quelque sorte une récompense !!!! Nous imaginions 3 à 4 ans d'attente.
Ce fut plus rapide, 2 ans se sont écoulés.Un matin, je reçus un coup de téléphone des services de l'ASE nous annonçant qu'ils avaient peut-être un enfant pour nous. Nous avons rencontré une
dame qui nous a expliqué qu'une petite fille était née 3 mois et demi plus tôt. Sa maman avait accouché sous X, ne s'était plus manifestée donc le bébé allait être adoptable. On
nous a alors proposé d'aller voir ce bébé avant de prendre une décision. Nous avons été choqué, c'était comme si on allait faire notre marché, du moins l'avons-nous ressenti ainsi.
Nous avons décidé de réfléchir d'abord et d'aller la voir seulement si nous étions sûr de l'accepter. Après tout, si je l'avais faite moi-même, on ne m'aurait pas demandé si elle
me plaisait avant de me la laisser. Il ne nous fallut pas longtemps pour nous décider. Nous sommes allés à sa rencontre à la pouponnière de la cité de l'enfance et .... ce fut le coup
de foudre réciproque mais je l'ai déjà raconté ( mon rayon de soleil ). Nous sommes allés voir notre bébé plusieurs fois pour qu'elle nous connaisse un peu. Nous lui avons
donné son biberon, je l'ai changée puis nous avons pu la ramener dans notre foyer. Son grand frère est venu avec nous la chercher. Comme nous étions fiers et heureux ce jour-là ! Nous
l'avons présentée à notre famille. Nous lui avons très vite parlé de son adoption. Bébé, je lui racontais déjà qu'elle n'était pas sortie de mon ventre mais que nous l'aimions encore plus ,
que son autre maman l'avait aussi beaucoup aimée, qu'elle n'avait pas pu la garder, qu'elle nous l'avait confiée, que c'était une grande preuve d'amour. Nous lui avons toujours beaucoup
parlé, nous avons essayé de répondre à ses questions. Nous avons promis de l'aider à voir son dossier le jour où elle le souhaiterait. Elle décida de le faire à sa majorité, elle n'a rien
trouvé, le dossier était vide. Elle n'en fut pas traumatisée. En réalité, elle est plus équilibré que d'autres enfants qui ont connu leur maman, qui se sont faits rejeter, qui se sentent
mal aimés. Elle, elle sait que quoiqu'il arrive, on l'aime et que sa maman l'a aimée. Elle était une petite fille joyeuse, heureuse de vivre. Elle croque la vie à pleines dents.
Elle a réussi ses études malgré ses rires trop forts, ses coups de gueule, le scotch sur la bouche en maternelle, les jours passés au fond de la classe derrière les cartons pour ne pas déranger,
les " tu verras, tu vas te casser la figure au collège ", le refus des félicitations à cause des bavardages, les " votre fille est très bonne élève, elle participe beaucoup mais elle manifeste
trop bruyamment ses sentiments, elle rit trop fort" . Tout cela ne l'a pas découragée au contraire. Chaque fois qu'elle rencontre un obstacle, qu'elle essuie une critique, elle se sent
motivée et cela lui réussit plutôt bien. J'espère qu'elle va continuer.
Par Amanéda
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Mercredi 20 février 2008
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09:47
Je suis une " vieille " adoptante puisque mes enfants ont 35 et 23 ans.
Les deux expériences ont été très différentes.
L'ainé a connu sa maman, a vécu des maltraitance, des rejets , des abandons, des placements. La vie l'a bien cabossé et il ne s'en jamais vraiment relevé. Nous avons pu l'adopter grâce à l'appui
des services sociaux qui ont fait appliquer l'article de loi qui préconise qu'un enfant est adoptable si ses parents ne s'occupent pas de lui pendant plus d'un an. Ils nous ont proposé leur aide
pour protéger l'enfant et parce qu'il est très rare, nous ont-ils expliquer, de trouver des couples qui acceptent de s'occuper d'un enfant déjà grand ( il avait alors 6 ans, et nous le
parrainions depuis déjà plus d'un an ). Les démarches furent très longues, pas compliquées pour nous car les services sociaux se sont occupé de tout. Sa maman voulait bien que nous élevions
son enfant mais l'adoption faisant référence à l'abandon, cela ne faisait pas partie de sa culture et elle ne pouvait l'accepter. Elle a menacé de venir le chercher, les services sociaux nous ont
alertés, nous ont conseillé de l'éloigner quelque temps de notre domicile pour le protéger. Une enquête avait prouvé que la maman ne voulait pas s'occuper de son fils, qu'elle voulait nous le
laisser sans le faire adopter. C'était trop risqué pour l'enfant que d'accepter car il aurait vécu avec la crainte de devoir nous quitter, il n'aurait rien pu construire, il avait
besoin de stabilité. Les mois ont passé puis la nouvelle est arrivée, l'adoption étati acceptée. Ce fut un grand soulagement mais notre fils était marqué à tout jamais par
son enfance. Sa scolarité fut très compliquée. Allez faire comprendre à un enseignant qu' un adolescent puisse être encore perturbé par les péripéties de son enfance ( pourtant,
j'étais moi-même enseignante ). Combien de fois ai-je entendu : " Depuis le temps, il a dû oublié. De toute façon quand un élève entre en classe, il doit laisser ses soucis dans le vestiaire
et se concentrer sur les apprentissages." Hélas, ce n'est pas si simple. Il a fallu ruser, le mettre dans le privé ( alors que j'étais une fervente partisane de l'école publique ) pour qu'il
ait au moins le niveau 4 ème pour pouvoir faire un apprentissage en alternance. Quand à 20 ans, il s'est retrouvé papa, son enfance est remontée. Il nous a confié des souvenirs de sa petite
enfance dont il n'avait jamais parlé. Sa vie a basculé, est devenue encore plus compliquée, il nous a semé des petits enfants tout au long de ses sentiers détournés. Il n'a pas su s'en
occuper. Il a fallu que la trentaine arrive pour le voir se poser. Ouf ! c'est enfin arrivé ! On commençait à désespérer ! Il s'est marié. Je suis heureuse de le voir se stabiliser. Merci à
notre belle fille de l'aimer et d'aimer aussi tous les enfants.
Par Amanéda
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