
Et oui, j'ai osé, ce n'est pas mon style mais c'était dans le cadre d'essais photofiltre.
D'ailleurs, je l'ai appelé "cucuserie "....
ajouter un commentaire commentaires (8) créer un trackback recommander
le petit monde d'Amanéda

Au cours de notre périple australien, nous avons fait escale à Coober Pedy entre Adelaïde et Alice Spring, au milieu de
nulle part dans l'outback.
Nous atteignons la ville après avoir traversé une immensité désertique, des paysages lunaires ou plutôt marsiens puisque la plupart des films sensés se dérouler sur la planète mars ont été
tournés ici.
Ce fut le décor naturel de Mad Max III.
Le nom de Coober Pedy vient d'une expression aborigène qui signifie " le terrier de l'homme blanc ".
Ce nom décrit parfaitement l'endroit car il y fait si chaud le jour ( jusqu'à plus de 50° ) que la majeur partie de la population vit dans des habitations troglodytes ( souvent
d'anciennes mines désaffectées ) pour se protéger des rigueurs du climat..
En outre, on compte plus de 250 000 puits de mine en ville et dans les alentours.
Coober Pedy est en effet la capitale australienne, sinon mondiale, de l'opale.
Le premier filon a été découvert, par hasard, par un adolescent de 14 ans en janvier 1915.
Il est conseillé de ne pas s'écarter des routes car la régon est truffée d'entrée de puits, pas toujours signalés, et d'explosifs non utilisés.
La population de Coober Pedy est très cosmopolite, plus de 40 nationalités s'y cotoient, la plupart sont des chercheurs d'opales venus dans l'espoir de faire fortune.
Chacun peut en effet acheter une concession et l'exploiter pendant une durée déterminer.
Encore faut-il trouver le bon emplacement.
Les touristes peuvent chercher eux-mêmes des opales sur le site de " Jeweller's shop "en fouillant dans les tas de débris évacués en surface, cela s'appelle le "noodling ".
Il y a quelques années, la ville avait mauvaise réputation, les explosions étaient fréquentes : règlements de compte entre mineurs ou représailles contre la police...
Le conseil municipal affirme que cette période est révolue.
Il est vrai que, maintenant, la ville est sûre et accueillante pour les visiteurs.
Un petit apperçu de Coober Pedy et ses environs
" À partir du XVIIe siècle, saint Antoine de Padoue fut également invoqué pour retrouver les objets perdus, puis pour recouvrer la santé, et enfin pour
exaucer un vœu. L'idée d'invoquer saint Antoine pour retrouver les objets perdus vient du fait qu'un voleur qui lui avait dérobé ses commentaires sur les Psaumes se sentit obligé de les lui rendre. "

Aujourd'hui, je vous emmène dans le grand nord, au pays des loups ...
3 septembre 2012
Enzo est assis à sa place, parmi ses 32 camarades de CP. Il porte la vieille blouse de son frère,
éculée, tâchée, un peu grande. Celle de Jean-Emilien, au premier rang, est toute neuve et porte le logo d’une grande marque.
La maîtresse parle, mais il a du mal à l’entendre, du fond de la classe. Trop de bruit. La maîtresse est une remplaçante, une dame en
retraite qui vient remplacer leurmaîtresse en congés maternité. Il ne se souvient pas plus de son nom qu’elle ne se souvient du sien.
Sa maîtresse a fait la rentrée, il y a trois semaines, puis est partie en congés. La vieille dame de 65 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde,
mais gentille. Plus gentille que l’intérimaire avant elle. Il sentait le vin et criait fort. Puis il expliquait
mal. Du coup Enzo ne comprend pas bien pourquoi B et A font BA, mais pas dans BANC ni dans BAIE ; ni la soustraction
; ni pourquoi il doit connaître toutes les dates des croisades.
On l’a mis sur la liste des élèves en difficulté, car il a raté sa première évaluation. Il devra rester de 12 à 12h30 pour le soutien. Sans doute aussi
aux vacances.
Hier, il avait du mal à écouter la vieille dame, pendant le soutien ; son ventre gargouillait. Quand il est arrivé à la cantine, il ne restait que du pain.
Il l’a mangé sous le préau avec ceux dont les parents ne peuvent déjà plus payer la cantine.
Il a commencé l’école l’an dernier, à 5 ans. L’école maternelle n’est plus obligatoire, c’est un choix des mairies, et la mairie de son
village ne pouvait pas payer pour maintenir une école.
Son cousin Brice a eu plus de chance : il est allé à l’école à 3 ans, mais ses parents ont dû payer. La sieste, l’accueil et le goûter n’existent
plus, place à la morale, à l’alphabet ; il faut vouvoyer les adultes, obéir, ne pas parler et apprendre à se
débrouiller seul pour les habits et les toilettes : pas assez de personnel.
Les enseignants, mal payés par la commune, gèrent leurs quarante élèves chacun comme une garderie.
L’école privée en face a une vraie maternelle, mais seuls les riches y ont accès. Mais Brice a moins de mal, malgré
tout, à comprendre les règles de l’école et ses leçons de CP. En plus, le soir il va à des cours particuliers, car ses parents ne peuvent pas l’aider pour les devoirs, ils font trop d’heures supplémentaires.
Mais Enzo a toujours plus de chance que son voisin Kévin : il doit se lever plus tôt et livrer les journaux avant de
venir à l’école, pour aider son grand-père, qui n’a presque pas de retraite.
Enzo est au fond de la classe. La
chaise à côté de lui est vide. Son ami Saïd est parti, son père a été expulsé le lendemain du jour où le directeur (un gendarme en retraite
choisi par le maire) a rentré le dossier de Saïd dans Base Élèves. Il ne reviendra jamais. Enzo n’oubliera jamais son ami
pleurant dans le fourgon de la police, à côté de son père menotté. Il parait qu'il n'avait pas de papiers... Enzo fait très attention :
chaque matin il met du papier dans son cartable, dans le sac de sa maman et dans celui de
son frère.
Du fond, Enzo ne voit pas bien le tableau. Il est trop loin, et il a besoin de lunettes. Mais les
lunettes ne sont plus remboursées. Il faut payer l’assurance, et ses parents n’ont pas les moyens.
L’an prochain
Enzo devra prendre le bus pour aller à l’école. Il devra se lever plus tôt. Et rentrer plus tard. L’EPEP (établissements publics d’enseignement
primaire) qui gère son école a décidé de regrouper les CP dans le village voisin, pour économiser un poste d’enseignant. Ils
seront 36 par classe. Que des garçons. Les filles sont dans une autre école.
Enzo se demande si après le CM2 il
ira au collège ou, comme son grand frère Théo, en centre de préformation professionnelle. Peut-être que les cours en atelier seront moins ennuyeux que toutes ces leçons à apprendre par coeur.
Mais sa mère dit qu’il n’y a plus de travail, que ça ne sert à rien. Le père d’Enzo a dû aller travailler en Roumanie, l’usine est partie là-bas. Il ne l’a pas vu depuis des mois. La délocalisation, ça s’appelle, à cause de la
mondialisation.
Pourtant la vieille dame disait hier que c’est très bien, la mondialisation, que ça apportait la richesse. Ils sont fous, ces Roumains !
Il lui tarde la récréation. Il retrouvera Cathy, la jeune soeur de maman. Elle fait sa deuxième année de stage pour être maîtresse dans l’école, dans la classe de monsieur Luc. Il remplace monsieur Jacques, qui a été
renvoyé, car il avait fait grève. On dit que c’était un syndicaliste qui faisait de la pédagogie. Il y avait aussi madame Paulette en CP ; elle apprenait à lire aux enfants avec des vrais livres ; un inspecteur venait régulièrement la gronder ; elle a
fini par démissionner.
Cathy a les yeux cernés : le soir elle est serveuse dans un café, car sa formation n’est
pas payée. Elle dit : « A 28 ans et un bac +5, servir des bières le soir et faire la classe la journée, c’est épuisant. » Surtout qu’elle dort dans le
salon chez Enzo, elle n’a pas assez d’argent pour se payer un loyer.
Après la récréation, il y a le cours de
religion et de morale, avec l’abbé Georges. Il faut lui réciter la vie de Jeanne d’Arc et les dix commandements par coeur. C’est lui qui organise le voyage scolaire à Lourdes, à Pâques. Sauf pour ceux qui seront convoqués pour le soutien…
Enzo se demande pourquoi il est là.
Pourquoi Saïd a dû partir.
Pourquoi Cathy et sa mère pleurent la nuit.
Pourquoi et comment les usines s’en vont en emportant le travail.
Pourquoi ils sont si nombreux en classe.
Pourquoi il n’a pas une maîtresse toute l’année.
Pourquoi il devra prendre le bus.
Pourquoi il passe ses vacances à faire des stages.
Pourquoi on le punit ainsi.
Pourquoi il n'a pas de lunettes.
Pourquoi il a faim.
Changeons de continent.
Un petit tour sur la " piste des rêves " en Australie.

Montage réalisé sur une photo personnelle de coucher de soleil dans le parc de Kakadu.


Depuis l'ouverture de l'exposition " Our body " que je vous ai présentée dans un précédent article, la polémique enfle de jour en jour et une pétition circule sur
le net.
Pourtant, elle attire de très nombreux visiteurs chaque jour.
Pourquoi un tel succès et pourquoi une pétition ?
J'ai trouvé deux articles parus sur "Lyoncapitale.fr " qui peuvent nous éclairer sur les motivations de la demande de suspension de l'exposition.
“Un lucratif trafic de cadavres spectacularisé”
“Le caractère colonial de l'exposition devrait n'échapper à personne : il s'agit d'un zoo humain cadavérique. (…) Les corps exposés sont plastifiés selon la méthode d'un anatomiste allemand,
Gunther von Hagens, dont l'entreprise vend dans le monde entier de tels spécimens humains. Fournis par une obscure fondation de Hongkong (Le Monde, 29 mai 2008), leur provenance reste toutefois
indéterminée : on sait simplement qu'ils viennent de Chine. (…) La société de Hagens a un siège à Dalian qui emploie 250 personnes (selon son site officiel). Dalian est situé entre trois camps de
travail forcé.
Le fait qu'il s'agisse de dépouilles d'hommes dans la force de l'âge suscite d'autant plus d'interrogations sur la cause des décès que Hagens a admis que certains des corps qu'il avait exposés en
Allemagne avaient une balle dans la tête.
On dispose de nombreux témoignages sur le trafic d'organes de détenus chinois. Des corps de détenus du Falungong ont été rendus à leur famille partiellement voire complètement éviscérés (cas de Ren Pengwu, 33 ans, arrêté le 16 février 2001, mort sans motif officiel cinq jours après). Un trafic de corps est d'autant moins exclu qu'en janvier 2007, Hagens a reconnu que des corps de condamnés chinois avaient pu lui avoir été fournis, sans qu'il s'en rende compte… (…)
Un consultant scientifique de l'exposition, Walter I. Hofman, déclare n'avoir relevé “aucune trace de torture”. Un autre, Hervé Laurent, déclare : “Il n'y a aucun problème éthique”. Ces
dénégations multiples ne font qu'ajouter aux doutes sur ce lucratif trafic de cadavres spectacularisés. (…)
Nous demandons la fermeture de cette exposition jusqu'à ce que les garanties élémentaires soient publiées et contrôlées.”
Ci-dessous l'interwiev de François Rastier toujours sur " Lyoncapitale. fr"
Polémique. Depuis la semaine dernière une pétition contre l'exposition Our body circule sur internet. Emmenés par François Rastier, linguiste reconnu, les universitaires signataires s'inquiètent de l'origine des corps.
" Lyon Capitale : Vous êtes directeur de recherche au CNRS, en linguistique. Pourquoi avez-vous pris l'initiative d'une pétition demandant la suspension de l'exposition Our Body à Lyon ?
François Rastier : Tout citoyen est en droit de demander qui lui montre quoi. Comme la plupart des premiers signataires, j'enseigne : que transmet-on comme image de la science ?
L'argument de vente de l'exposition est scientifique, enfants des écoles et éducation aux merveilles de notre corps, gratuité pour les moins de trois ans. L'organisateur déclare : “J'aime
bien faire partager aux gens l'envie et l'excitation d'un spectacle vivant (sic) […]. Cette exposition vous apporte une énorme adrénaline, beaucoup d'émotion.” Si c'est ça la science, ça doit
être sexy !
Lecteur des témoignages de l'extermination (il se trouve que j'ai écrit un livre sur Primo Levi*), je suis membre du conseil scientifique de la Fondation Auschwitz. Or actuellement, dans beaucoup d'ouvrages douteux, romans historiques et faux témoignages, on pratique une esthétisation à outrance de la mort. Ici il s'agit des cadavres eux-mêmes : et la fascination de masse va beaucoup plus loin que tout négationnisme. Elle en demande toujours plus : dans l'exposition de Berlin, on pouvait voir une femme enceinte écorchée. L'esthétisation kitsch est évidente ; pourquoi mettre les corps dans des poses athlétiques genre “dieux du stade” (cyclisme, basket, etc) ? Je serais ambassadeur de Chine, je protesterais contre cette allusion perfide aux jeux olympiques. La mise en scène “vivante” brouille les cartes, elle joue sur la souffrance et l'insensibilité. Une société qui ne respecte pas les morts ne respecte pas non plus les vivants. C'est une question anthropologique au fondement des cultures humaines.
Que souhaitez vous ?
On ne peut pas se contenter de dire que cette exposition est dérangeante, ce qui constitue un argument de vente pour ses promoteurs ! Si on laisse ce type d'industrie devenir un secteur
économique, il y a des gens en bout de chaîne qui peuvent être tués pour ça, si ce n'est pas déjà le cas.
Souhaitez vous la fermeture de l'exposition ?
Nous demandons sa suspension, tant que les garanties légales propres à la loi française ne sont pas fournies. Un préfet peut tout à fait prononcer une suspension. Un maire a aussi des pouvoirs de
police. On sait que le Comité National Consultatif d'Éthique a émis un avis défavorable et évoqué à ce propos des précédents nazis.
Ne craignez vous pas de passer pour des censeurs ?
L'argument qu'il faut faire sauter les tabous tourne à vide, il est lui-même devenu tabou. Nous nous adressons à la société civile. Est-ce que n'importe qui peut montrer n'importe quoi à qui
voudra bien payer ? Après le procès de Nuremberg, en réponse aux pratiques nazies, on s'est posé la question du consentement pour tout acte médical. Pour toute utilisation d'un corps, la loi
française exige un consentement écrit exprimé du vivant de la personne.
L'organisateur répond qu'il n'a pas de dossiers individuels : en devenant anonymes les corps sont encore mieux déshumanisés. Andrew Cuomo, le procureur de l'Etat de New York qui enquête sur
l'exposition sœur aux USA, et demande attestation de l'origine des corps, a déclaré le 29 mai : “La sombre réalité est que (la société productrice) tire profit d'individus qui pourraient avoir
été torturés et exécutés en Chine”. Un procureur français ne pourrait-il faire preuve de la même lucidité ? "
* Ulysse à Auschwitz, 2005, Paris, coll. Passages.
Même si cette exposition soulève un grand débat sur le droit à disposer de son corps après la mort, cela n'empêche pas un véritable engouement de la part d'un certain public. Quelles sont
les réelles motivations qui poussent tous ces gens à venir voir des cadavres ainsi mis en scène ? Sauraient-ils eux-mêmes répondre ?
Le côté éducatif donne bonne conscience à certains mais peut-on tout montrer sous prétexte d'éducation ?
A chacun de se poser la bonne question ?
Je suis heureuse de vous accueillir dans mon petit monde tout en couleur.
J'espère que vous prendrez
plaisir à parcourir les pages de mon blog.
Bonne visite.


Un petit commentaire fait toujours plaisir et laisse une trace de votre passage.
Merci
Si une image vous appartient sans que je le sache, prévenez-moi vite.
Derniers Commentaires